Monthly Archives: août 2017

Visite d’une ferme laitière sans OGM

Par un frais mercredi de novembre, l’équipe de Vigilance OGM est partie aux petites heures de Montréal : direction la Ferme Berlo Holstein à St-Robert, près de Sorel!

Arrivés à la ferme, nous retrouvons Serge Giard, agriculteur biologique depuis 20 ans et fier membre du conseil d’administration de Vigilance OGM, Kathleen Hébert, chef de marque chez Riviera, et notre hôte: Pierre-Olivier Plasse, le copropriétaire de la ferme. Il nous fait faire le tour de la ferme et nous explique un peu son parcours.

Pierre-Olivier est producteur laitier avec sa conjointe Josiane depuis 2013. Pour lui, le moindre détail est important pour le confort de leurs animaux, par exemple, il met des manteaux à ses veaux pour les augmenter leur confort et leur a installé des jouets pour les stimuler! C’est lorsque Riviera a voulu développer une gamme de produits sans OGM que la transition a commencé à la ferme en ce sens. Pour lui, le passage en production laitière sans OGM allait de soi : pour des questions environnementales, de santé animale, mais aussi pour des raisons économiques.

Riviera : pourquoi une démarche sans OGM?

Pour Riviera, le début de l’aventure vers les produits sans OGM s’est fait après avoir constaté que seulement 26% des canadiens étaient à l’aise de consommer des OGM[1]. Riviera a décidé de répondre à cette demande des consommateurs et de ne pas attendre un projet de loi pour l’étiquetage des produits OGM pour proposer une gamme sans OGM. En étant leader, ils  espèrent ainsi lancer un mouvement en ce sens et que d’autres entreprises emboîtent le pas.

L’entreprise admet que le passage au sans OGM était un défi de taille. « En effet, l’industrie laitière est l’un des secteurs les plus complexes pour développer des produits sans OGM en raison de la gestion de l’offre et des nombreux éléments dans la chaîne de production présentant des risques de contamination entre les céréales avec et sans OGM. »[2]

Mais, c’était un défi qui allait avec les valeurs de l’entreprise, qui par exemple, s’approvisionne depuis toujours auprès des producteurs laitiers de sa région.

L’importance des agriculteurs dans le processus vers le sans OGM :

Afin d’offrir des produits sans OGM, il était donc essentiel pour Riviera de trouver des producteurs laitiers locaux qui étaient prêts à relever le défi et à revoir leurs procédés afin de répondre aux normes strictes pour obtenir la certification sans OGM. Ce sont quatre producteurs de la région qui ont répondu à l’appel et se sont lancés dans l’aventure de la production laitière sans OGM afin de fournir la Laiterie Chalifoux.

Pierre-Olivier en fait partie, même si le passage au sans OGM ne s’est pas fait sans inquiétude. Entre autres, il redoutait une augmentation globale des coûts des intrants.  Il faut noter qu’un des avantages économiques est le coût des semences sans OGM comparé au prix des semences Roundup.  Mais il a été rapidement rassuré : après seulement six semaines de production, il a constaté qu’il n’a pas de frais supplémentaires et que le passage au sans OGM lui permettait même une réduction de coûts. En effet, « le 8 $/hectolitre de prime pour le sans OGM paie la différence », et ce même s’il rencontre des difficultés pour s approvisionner en entrants.

D’ailleurs, l’accès à une alimentation complète sans OGM et avec toutes les protéines nécessaires pour ses vaches était une de ses grandes inquiétudes, comme de nombreux autres agriculteurs. En effet, 66 % du soja et 85 % du maïs grain cultivé au Québec en 2017 sont génétiquement modifiés. Et ces deux cultures sont à la base de l’alimentation des vaches laitières. Il va sans dire que d’assurer un approvisionnement sans OGM à leurs animaux devient un défi pour les producteurs. Il connait bien la réalité de l’approvisionnement en grains et reconnait que pour l’instant c’est encore difficile d’avoir un régime complet sans OGM. Mais plus il y aura de demande de la part d’agriculteurs pour de la moulé et des grains sans OGM, plus il y aura d’offre. Et dans la région, plusieurs producteurs souhaitent se lancer dans le sans OGM dans la prochaine année, surtout pour le soya et le maïs. D’ailleurs, en 2017, M Plasse nous confirme que ces problèmes d’approvisionnement ont été entièrement réglés grâce aux efforts des Moulées Bellifrance à St hyacinthe.

Finalement, même si les risques de contamination sont nombreux avec des cultures OGM tout au long de la chaîne d’approvisionnement et de distribution, il est possible de les minimiser : à la meunerie, au silo, lors de la manutention, dans les équipements, lors du transport, etc. Certains  moyens ont été mis en place pour éviter la contamination, entre autres: un camion réservé pour la cueillette du lait sans OGM et la séparation du lait à toutes les étapes de fabrication du produit afin d’en assurer sa traçabilité.

Cependant, malgré les difficultés rencontrées, ni Riviera, ni Pierre-Olivier ne retourneraient en arrière. « En tant qu’exploiteur d’entreprise et entrepreneur, il faut demeurer avant-gardiste en affaire pour évoluer, croître, et suivre les tendances! », et ce, pour des raisons d’affaires mais aussi pour des raisons éthiques et environnementales.

[1] http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201609/30/01-5025987-les-canadiens-veulent-letiquetage-des-aliments-ogm.php
[2] La démarche sans OGM de Riviera : http://laiteriechalifoux.com/wp-content/uploads/2016/10/La-d%C3%A9marche-RIVIERA-sans-OGM.pdf

SOURCE : Vigilance OGM – https://www.vigilanceogm.org/visite-dune-ferme-laitiere-ogm/

Appui à la campagne «EXIGEZ L’ÉTIQUETAGE!» des OGM au Québec

Riviera est fière d’appuyer la campagne «Exigez l’étiquetage!» pour l’étiquetage des organismes génétiquement modifiés (OGM) au Québec, étant préoccupée par les impacts sur la santé et l’environnement des OGM et pesticides.

Soixante-quatre pays possèdent déjà un étiquetage obligatoire des OGM et le 1er juillet 2016 l’étiquetage obligatoire a été mis en place dans l’état voisin du Vermont. Cette première en Amérique du Nord a notamment poussé cinq grandes multinationales à adopter des politiques d’étiquetage volontaire des OGM et à demander un projet de loi fédéral aux États-Unis.

Le Canada est un des 5 plus grands producteurs d’OGM au monde et le seul parmi ceux-ci où aucune démarche pour un étiquetage obligatoire n’a encore été entreprise. Nous croyons que le Québec a tout le potentiel nécessaire afin d’être la première province à obtenir l’étiquetage obligatoire des OGM au Canada.

Cette campagne vient répondre à un besoin de la population québécoise qui se mobilise pour une agriculture plus locale et biologique. Rappelons que 88% des Canadiens et Canadiennes se sont prononcés en faveur de l’étiquetage obligatoire des OGM et 59% contre les modifications génétiques des semences et des animaux destinés à la production alimentaire, selon le dernier sondage Ipsos Reid sur les OGM (septembre 2015) (1).

Les citoyens (nes) peuvent participer à la campagne en se rendant au www.etiquetageogm.com/agir/, alors que les organismes et entreprises peuvent manifester leur appui en se rendant au www.etiquetageogm.com/appuyer/.

(1)Disponible auprès de CBAN : http://rcab.ca/Enquete-OGM/Sondage-des-consommateurs-2015